Hélène Caussignac

Helene Caussignac

La peur

La peur, de la manière dont nous la ressentons habituellement, est une émotion. Il se passe quelque chose dans notre vie qui n’est pas ce que nous voudrions et qui nous effraie ou nous déstabilise, et nous ressentons l’émotion nommée peur. Cela se produit quand quelque chose en nous est menacé et nous avons alors l’impression que la peur face à l’évènement qui nous semble l’avoir créée est totalement justifiée et que nous devons faire quelque chose pour modifier la situation qui a causé cette émotion.
En fait, aucune situation n’a réellement le pouvoir de créer de la peur pour qui que ce soit. La peur est quelque chose qui se produit à l’intérieur de nous et qui vient uniquement de l’intérieur de nous. La situation qui nous parait causer la peur n’est que le déclencheur d’une peur inconsciente déjà présente au fond de nous.
Des peurs inconscientes, nous en avons tous plein, les plus profondes attrapées, héritées ou comprises dans l’enfance mais qui ne cessent de se moduler et de se construire au fil du temps et de nos expériences difficiles. Nous pouvons en soigner certaines, par des techniques psychologiques ou de développement personnel, mais tant que nous n’avons pas compris le mécanisme qui génère, crée et fait vivre toutes les peurs, d’autres remplaceront celles qui ont été guéries et nous aurons toujours des peurs qui nous limitent dans l’expression de nous-même.
Chercher à guérir une peur particulière équivaut à tenter de vider goutte à goutte un saut hermétique dans lequel il peut tous les jours pleuvoir. On peut avoir l’impression qu’il est un peu moins plein quand il a fait beau quelques jours d’affilée, mais quand vient la saison des pluies torrentielles, on ne peut l’empêcher de déborder.

En réalité, la peur n’est pas seulement une émotion, c’est une vibration. (mettre là l’image de la video vibration)
Dans ce monde, il y a, pour résumer simplement, deux grandes vibrations qui sont l’amour et la peur. L’amour est celle qui créée et soutient la vie sous toutes ses formes, la nôtre incluse bien sûr. La peur est la vibration qui est malheureusement encore celle qui domine l’humanité, à cause de la mauvaise perception de la mortalité de la forme physique dans laquelle nous nous exprimons dans cette dimension. Comme nous sommes malheureusement plongés dès l’enfance dans la vibration de la peur, notre construction mentale et nos programmes de fonctionnement inconscients sont essentiellement appris, construits et basés sur elle.
Heureusement, notre libre-arbitre nous permet, à tout moment, de sortir de la vibration de la peur pour choisir celle de l’amour. Ce changement se fait essentiellement par la prise de conscience de notre responsabilité dans ce « branchement », c’est-à-dire par la compréhension que la vibration dans laquelle nous vivons est de notre choix et non une fatalité due à la condition humaine ou à tout autre évènement ou personne extérieurs à nous. C’est nous qui choisissons de vibrer dans la peur ou dans l’amour. Le seul problème est que nous n’avons, pour la plupart, pas conscience de faire ce choix.
Pour savoir si on est dans la peur ou l’amour, c’est très simple : s’il y a une quelconque souffrance ou négativité, c’est que nous sommes dans la peur. Le terme souffrance est entendu ici de manière générique et un ressenti de souffrance va de la plus petite contrariété au désespoir le plus profond, quelle que soit l’intensité, la racine en est toujours la même. Et pour en sortir, la solution est simple, même si elle parait tout à fait contre intuitive à la majorité des gens, car nous cherchons toujours à solutionner ou à fuir nos peurs plutôt qu’à les regarder en face. Et en réalité, la seule manière de les transcender est d’abord justement, de les accepter telles qu’elles sont, de leur faire face sans tenter d’y changer quoi que ce soit. C’est le principe même de la méditation : accueillir ce qui se produit en nous au moment où cela arrive, au lieu d’essayer de fuir la peur parce qu’elle nous fait peur.
Concrètement, quelque chose se passe qui déclenche une peur en nous, et elle semble enfler, enfler, et elle nous submerge au point qu’on se recroqueville sur soi-même, totalement à la merci de l’ombre. C’est là qu’il faut du courage… le courage de se relever et de faire face à cette peur qu’on voit comme monstrueuse. Quand on le fait, elle est effrayante effectivement, mais le fait de la regarder en face la fige aussi. Si nous restons suffisamment connectés à la peur, face à elle, si nous la regardons en face. Nous allons nous rendre compte qu’elle nous ressemble beaucoup. La peur est en fait une partie de nous-même qui souffre et qui pleure dans l’ombre. A ce moment-là, il est plus facile de s’approcher d’elle et de compatir à sa vulnérabilité qu’elle cache sous un aspect effrayant. Dès que nous l’embrassons, elle perd de sa monstruosité pour redevenir l’enfant en nous qui pleure. L’enfant en nous qui a besoin d’amour. Nous pouvons alors accueillir et aimer cet aspect de nous qui a souffert et qui a juste besoin d’attention. Pour finalement disparaitre parce qu’il a été reconnu et aimé.

Nos peurs, surtout les peurs inconscientes, ne sont que les souvenirs de notre enfant intérieur blessé qui a besoin que nous nous branchions sur l’amour pour lui redonner la joie que cet enfant, l’être en nous, a toujours possédée et peut toujours exprimer pour peu que nous en faisions le choix.

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